Destitution de Trump: Démocrates et républicains à couteaux tirés sur l’enquête

Walaa Al-Assrah Mercredi 11 Décembre 2019-14:23:55 Actualités Internationales
Destitution de Trump
Destitution de Trump

Démocrates et républicains américains se sont écharpés lundi en offrant leurs conclusions diamétralement opposées de l’enquête en destitution contre Donald Trump, illustrant les profondes divisions partisanes qui traversent les Etats-Unis.

L’opposition démocrate a présenté son dossier contre le président républicain, en amont d’un vote crucial à la Chambre des représentants sur sa mise en accusation (“impeachment”), qui pourrait intervenir avant Noël.

Au terme d’une audition acrimonieuse longue de près de dix heures, marquée par de vives passes d’armes, le chef démocrate de la commission judiciaire n’a laissé aucun doute sur sa position.

La conduite de Donald Trump “est à l’évidence passible d’une mise en accusation. Cette commission agira en conséquence”, a déclaré Jerry Nadler, sans préciser les dates des étapes à venir.

Le milliardaire “a violé son serment envers les Américains, il a fait passer son propre intérêt avant notre sécurité nationale”, a-t-il martelé. M. Trump “représente encore aujourd’hui une menace pour l’intégrité de nos élections et notre système démocratique”.

Les républicains ont eux tenu la ligne de défense de la Maison Blanche, dénonçant “un spectacle politique”.

Les démocrates “n’arrivent pas à se remettre du fait que Donald Trump est président” depuis sa victoire surprise en 2016, a lancé le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

Proclamant depuis le début de l’affaire qu’il n’a rien fait de mal, Donald Trump a confié lundi avoir regardé “un petit peu” cette audition fleuve. “C’est une honte, c’est un coup monté”, a-t-il encore dit.

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont initié fin septembre l’enquête en destitution, après avoir appris que Donald Trump avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

L’accusant d’abus de pouvoir, ils estiment que le président a fait pression sur l’Ukraine, notamment en suspendant une importante aide militaire destinée à ce pays en guerre avec la Russie.

Après deux mois d’enquête à la chambre basse et une quinzaine d’auditions, la commission judiciaire va désormais s’atteler à rédiger l’acte d’accusation contre le président.

Plusieurs chefs sont envisagés: abus de pouvoir et corruption, entrave à la bonne marche du Congrès et entrave à la justice.

La commission devra les approuver, peut-être dès la fin de la semaine, avant un vote en séance plénière.

 

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